Florilège 

par Alain Rouillard (choriste & scribe officiel des Festes d'Orphée)



J’ai repris la fonction de scribe auparavant occupée par François.

Notre chef a son style et n’hésite pas à utiliser un langage choisi pour nous faire comprendre ses indications et nous inciter (plus ou moins ardemment) à améliorer la qualité de nos prestations.

Nous sommes donc livrés à un flot langagier qui, selon un rythme souvent hebdomadaire, parfois quasi quotidien pour certains, constitue une sorte de rappel à l’ordre permanent, que ce soit sur le tempo (alias tactus), les inégalisations, le caractère, la justesse, pour ne pas parler des mystérieuses hémioles, des impérissables anacrouses et des impalpables tremblements feints qui ont valu bien des sueurs (froides ou chaudes) à plusieurs d’entre nous.

Nous nous concentrerons ici, séparant le bon grain de l’ivraie, sur quelques perles fines qui, au travers des répétitions, soit pour le plaisir d’un bon mot, soit par inadvertance, sont venues égayer nos parcours musicaux parfois laborieux.

Pour ne pas alourdir le sujet, j’ai procédé à un tri sévère dans tout ce que j’ai noté. J’espère qu’on ne m’en voudra pas si quelques une, parmi les plus remarquables, sont passées au travers du filet.

Commençons par les appréciations, parfois peu amènes, que suscite la prestation du chœur, ou d’un des pupitres :
Plus énigmatique :
Savamment paradoxal :
Savamment d’actualité :
Enfin le « bon mot » assez classique, mais auquel on ne peut résister :
Puis on arrive aux métaphores ; pour faire comprendre une intention, quoi de mieux qu’une belle comparaison.

Il y a la métaphore œnologique (c’est de famille) :
Et, puis (mais là, il a fallu beaucoup trier) la métaphore … oui, osons le dire, génitale. Il est vrai que les textes bibliques en latin, surtout prononcés à la gallicane, fournissent de multiples occasions : « de poenis inferni », « et tacebit », « conquassabit », ... entraînent des évocations qu’un esprit mal tourné peut être tenté de saisir.

Quoi d’étonnant alors que la syllabe finale ci-dessus rappelée fasse l’objet d’allusions aussi transparentes qu’une robe de bure et, dans bien des cas, d’objurgations très directes :
Pour aboutir à un très gaillard :
On ne mentionne même plus les fréquentes saillies en contrepèterie, du genre « ça brouille l’écoute », lancées à qui veut bien les entendre.

Si l’évocation virile est bien représentée, la féminité n’est pas non plus oubliée, il est vrai, dans une œuvre italienne :
Parfois on frise le sado-maso :
Mais, heureusement, tout cela se terminera dans la tendresse réciproque, avec l’émouvant :
Calmons nous, les images halieutiques ne manquent pas de profondeur :
Pour aboutir, en apothéose avec :
Et pour rester dans une ambiance aquatique, voilà un compliment qui a dû aller droit au cœur du pupitre féminin à qui il s’est adressé :
On terminera sur une fausse bévue, petite coquetterie récente et bien sentie :
Voilà, pour cette fois-ci notre petit florilège, bien innocent, des bons mots de notre Chef.

Bien sûr, nous en redemandons et souhaitons - Célony soit qui mal y pense - qu’au fil de nos futures séances, il fasse, encore et toujours, briller la langue de Velaux !


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