Rock around Luminy

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Chers collègues, et néanmoins amis, qui séjournez sur le campus de Luminy, vous sentez bien que vous êtes dans un endroit d'exception et vous aimeriez faire une petite balade. Vous avez parfaitement raison et, à l'occasion des pauses déjeuner, tôt le matin ou en fin d'après-midi, partez à pied visiter les calanques.

Le problème c'est le temps ; les organisateurs du colloque ou de la réunion à laquelle vous participez ne vous en ont pas laissé assez pour partir à l'aventure. D'où l'utilité de ce petit texte qui va vous orienter vers les lieux les plus intéressants avec des indications de temps précises. Elles couvrent l'aller-retour sans s'arrêter et sont valables pour les gens qui marchent bien. Ceux qui traînent en bavardant, contemplent le paysage, s'attendent les uns les autres, devront rajouter quelque chose.

Pour le Belvédère, donc le col de Sugiton, ainsi que pour la tour de Pise en aller retour, des chaussures de ville suffisent. Pour les autres promenades, une paire de tennis est préférable. Pensez à prendre de l'eau, surtout en été.

Le col de Sugiton (aller-retour, 40 minutes)

En vingt minutes on peut déjà aller au coeur des calanques, au col de Sugiton. Il suffit, soit de ressortir du campus, et de prendre le large sentier qui part tout droit après l'Ecole des Beaux Arts et d'Architecture, soit de partir à travers bois en quittant la route qui passe devant la cité des garçons. La seconde solution, si une voiture vous conduit à la barrière, permet de gagner cinq minutes dans chaque sens. De la barrière on continue sur la route, puis dans le prolongement, tout droit, par un sentier bien marqué. Il traverse un grillage avant de rejoindre, peu avant le col, l'autre sentier plus large. Attention aux embranchements, si vous revenez par là ; depuis le col c'est d'abord à droite puis à gauche un petit sentier qui plonge dans le vallon.

L'aiguille de Sugiton vue depuis le Belvédère

Le Belvédère (aller-retour, une heure)

Du col de Sugiton, sur la droite, un large chemin mène au Belvédère sur la crête des Escrampons, dans le prolongement de l'aiguille de Sugiton. Il permet de jeter un oeil dans la calanque de Morgiou et dans celle de Sugiton ; il y a même une table d'orientation. Pour une demi-heure de marche depuis Luminy, c'est le plus beau coup d'oeil sur les Calanques. Si l'on est un peu court en temps, on peut prendre sur la droite une large rampe qui mène au sommet sud du Crêt de Saint Michel. On se trouve alors au dessus de la Paroi Noire, falaise très fréquentée des grimpeurs, sur laquelle on a une vue plongeante, ainsi que sur le village et la calanque de Morgiou.

Le mont Luminy (une boucle d'une bonne heure)

Il faut sortir du campus et passer devant l'école d'Architecture. On abandonne le large chemin qui mène au col de Sugiton après dix minutes. Sur la droite se trouve un col et le chemin qui permet de descendre dans la calanque de Morgiou. Depuis ce col on remonte sur la droite par un sentier jaune qui tombe rapidement sur un large chemin carrossable. Il faut serrer les crêtes et couper les lacets. Ce sentier amène au sommet du Mont Luminy que l'on atteint quand on voit une carrière en contrebas. De là, on redescend au mieux et directement vers l'Ecole de Commerce et la Faculté des Sciences.

Dans l'autre sens la balade est plus jolie, mais un peu paumatoire jusqu'au sommet. Il faut traverser la structure en béton devant l'entrée de la Faculté. On a le choix entre un large sentier caillouteux qui monte vers l'école de commerce et, sur sa gauche, un petit sentier terreux, horizontal, qui se glisse dans la verdure. C'est celui-là qu'il faut prendre. Quand il rejoint un large sentier, on part sur la gauche et au premier embranchement, on prend à droite. On monte alors tout droit vers les crêtes, en direction d'un grand pylône électrique, à la base du mont Luminy. Il n'y a plus qu'à suivre les crêtes jusqu'à ce qu'on rejoingne le col.

 

La calanque de Sugiton (une boucle d'une bonne heure)

Depuis le col de Sugiton, on descend lentement sur la gauche par un très large sentier qui passe devant une bergerie en ruine. Il mène au Socle, nom donné à la grande paroi qui soutient la Candelle. A la sortie d'un large virage sur la gauche, qui passe sous des falaises surplombantes, on croise le sentier de grande randonnée (GR, marqué de deux bandes parallèles, une rouge, une blanche) de la traversée des calanques. On prend, sur la droite, le chemin qui descend. Le sentier passe par une brèche qui permet de découvrir la calanque de Sugiton. Une courte corde, qui sert de main courante aux enfants, est en place. On longe la paroi des Toits, terrain d'entraînement idéal pour l'escalade libre de haute difficulté ou pour apprendre à passer les toits assis dans les étriers.

On rejoint un large sentier, que l'on prendra au retour, à une terrasse aménagée à l'ombre d'un grand pin. De là, il faut continuer le long de sombres parois pour arriver sur une plate forme au dessus de la mer. On est face à un îlot dont le nom, le Torpilleur, évoque vaguement un sous-marin semi immergé; je pencherais plutôt pour un dinosaure qui prend son bain. Il faut alors descendre sur la droite, face à la plage de Sugiton.

Pour remonter, il faut rejoindre la large terrasse ombragée sous la paroi des Toits et suivre la route du feu, cimentée, qui passe devant l'aiguille de Sugiton. Parvenu sous le col de Sugiton, on évite les derniers lacets et on monte par une trace directe équipée de quelques marches. On est alors au col et il suffit de revenir à son point de départ.

De Luminy à la calanque il faut compter une demi heure, surtout à la descente ; en remontant par grand soleil, prévoir un quart d'heure supplémentaire et surtout un peu d'eau.

La paroi des Toits

 

Le tour du Crêt de Saint Michel (une boucle d'une bonne heure)

On commence par aller au col de Sugiton où l'on prend le chemin du Belvédère. Peu après le large virage à gauche et la petite rampe montante, on aperçoit le port de Morgiou en contrebas. Bien que le sentier de soit pas marqué, c'est la qu'il faut descendre sur une centaine de mètres. On arrive alors au pied de la Paroi Noire, sur le petit sentier de départ des vois qui longe la falaise. Il faut suivre ce sentier sur toute sa longueur, jusqu'à l'aplomb du sommet nord du Crêt de Saint Michel. Quand on ne voit plus le grand dièdre rouge qui aboutit à ce sommet, on descend au mieux rejoindre le bon chemin qui passe vingt mètres plus bas. Celui-ci est marqué jaune et permet de remonter doucement au col qui sépare le Crêt du mont Luminy. Quelques mètres et l'on tombe sur l'autoroute piétonnière qui ramène au parking à l'entrée de la Faculté.

On peut faire la boucle dans l'autre sens, mais la remontée sur le chemin du Belvédère est très raide. Enfin, il y a ceux qui sont là pour respirer et d'autres pour transpirer ! Comme pour le mont Luminy, on va au col qui domine le vallon de Morgiou. Du col on descend le moins possible sur la gauche par le sentier jaune. Quand on est sous la Paroi Noire, il faut remonter au pied des voies pour contourner le Crêt.

 

Les Pierres Tombées ( une boucle de deux petites heures)

On commence par aller au col de Sugiton. De là, on descend tout droit vers la calanque du même nom par un sentier aux multiples traces qui rejoint rapidement la route du feu. C'est celle qui est cimentée et que l'on prend en remontant de la calanque. On rejoint la large terrasse ombragée au pied de la paroi des Toits et l'on continue jusqu'au promontoire devant le Torpilleur. Il faut descendre sur la droite, face à la plage de Sugiton, avant de suivre le bord de mer vers la gauche. On arrive les pieds dans l'eau pour passer entre les " culs-nus ", comme on disait du temps où le nudisme évoquait la lubricité. Cet endroit sauvage s'est toujours appelé les Pierres-Tombées et, passé les culs-nus, on parcourt un amoncellement de blocs sur quelques centaines de mètres. Il faut compter trois quart d'heure depuis le départ.

Face au plus gros bloc immergé, appelé le Tonneau, on quitte le bord de mer pour regagner le sage sentier qui vient du col de Sugiton. Dans cette montée raide, la trace n'est pas évidente mais tous les passages sont plus ou moins bons ; elle fait 100 mètres de dénivelé. On rejoint le sentier à l'aplomb d'un grand pin. Il ramène au col de Sugiton. Le retour, depuis le Tonneau, prend une petite heure.

Le Torpilleur prenant son bain

La Tour de Pise et la Cathédrale (une boucle d'une heure et demi)

Comme toujours, on commence par aller au col de Sugiton et l'on descend le large chemin sur la gauche qui longe les parois. Après la bergerie et le grand virage sur la gauche, on croise le sentier de grande randonnée qui traverse les calanques. On continue tout droit en direction du Socle ; il suffit de se laisser descendre (en coupant les lacets) jusqu'à croiser un couloir raide qui vient d'en haut, le couloir du Candelon. La Tour de Pise est un gros bloc détaché qui marque le début du Socle. Contournez la pour constater que, vue de la paroi, elle a effectivement un petit air penché. Compter quarante minutes depuis le départ.

La tour de Pise, vue du pied du Socle

Maintenant il faut remonter le couloir du Candelon sur une centaine de mètres. C'est raide et souvent les cailloux roulent sous le pieds ; mais ça ne prend qu'un quart d'heure et on peut s'aider de la végétation. Parvenu au pied d'une paroi marron, alors que le couloir oblique légèrement sur la droite et laisse apercevoir la Candelle et son Candelon, on passe sur la gauche par une petite brèche toujours à l'ombre. On est sous la Cathédrale. Le temps de souffler, et il n'y a plus qu'à poursuivre sur le sentier horizontal, ou presque, qui revient vers Luminy. On retrouve le sentier de grande randonnée qui traverse les calanques. On continue vers le col de Sugiton puis Luminy.

La calanque de Morgiou (une boucle d'une heure et demi)

Elle est accessible par la route, mais il est bien plus beau d'y descendre à pied. De plus, on peut longer le bord de mer et revenir par Sugiton, effectuant ainsi la plus belle des ballades courtes de calanques. Il y a quelques maisons, dont un café restaurant, et un charmant petit port qui abrite quelques bateaux de pêche.

On part comme pour le mont Luminy, par le col qui le sépare du crêt de Saint Michel. En partant par le portail, il faut un quart d'heure pour aller au col et le même temps pour descendre jusqu'au village. Du col, on suit le sentier jaune qui part presque à l'horizontal sur la gauche, jusqu'à se trouver à l'aplomb de la Paroi Noire en son milieu. De là un sentier éboulis descend directement. En bas deux barrières ont été dressées pour arrêter les cailloux et non pour interdire le passage.

Du port on suit le bord de mer, côté gauche, jusqu'à une petite plage, puis on monte au ras des parois pour contourner un enclôt. Le sentier, qui est une partie du GR de la traversée des calanques, suit à mi hauteur la crête des Escrampons et vient contourner l'aiguille de Sugiton. De l'autre côté de la calanque, le grand livre de pierre, ouvert à quatre vingt dix degrés est le dièdre du Renard. Vue d'en bas, l'aiguille ressemble plutôt à une grosse lame. Dans son prolongement on a une vue exceptionnelle sur Sugiton, le Socle, la Candelle et la pointe de Castelvielle. Une courte échelle métallique permet de descendre sur la plage que l'on atteint une demi heure après Morgiou.

On remonte en face par un escalier cimenté, sans aller jusque sous la paroi des Toits, située juste en face. On prend sur la gauche un bon sentier bien marqué mais non balisé qui monte doucement. Il rejoint la voie carrossable qui vient du col de Sugiton, au niveau où elle contourne un gros rocher. Il n'y a plus qu'à la suivre jusque sous le col que l'on gagne en coupant les derniers lacets. L'autoroute des promenades dominicales vous ramènera à Luminy.

 

Le mont Puget (une boucle de deux heures)

C'est le sommet qui domine Luminy, très imposant avec son cailloux blanc. Il a l'air très loin et pourtant il ne faut que trois quart d'heure pour aller au sommet en passant par éboulis très visible qui permet de surmonter la première barre.

On part de la cité des filles, à l'angle du parking qui fait face au Puget. Un petit chemin dans les broussailles permet de traverser la clôture. Puis il se redresse pour atteindre un large chemin juste à l'angle d'une citerne enterrée. On est au pied de l'éboulis, qui constitue le passage raide, et que l'on remonte sur son bord droit. En dix minutes, on rejoint un second large chemin, connu sous le joli nom de " sentier du Centaure ", au niveau d'une barrière. On est au pied de la seconde barre, plus haute, devant l'aiguille Guillemin qui se détache. Il faut aller chercher, vingt mètres à gauche, un sentier qui passe entre cette aiguille et le Puget. Par des passages très esthétiques, on arrive sur le plateau, un vaste désert de cailloux. Un large chemin part majestueusement sur la droite, à l'horizontale. Si l'on veut effectivement passer au sommet du Puget, il faut le quitter très vite pour monter sur la droite en pente douce.

On peut bien sûr revenir par le même chemin mais, si l'on dispose d'un peu plus de temps, il faut aller au col de la Candelle. Pour cela, du sommet on continue tout droit jusqu'à couper un chemin vert qui vient du col de la Gineste. Sur la droite, on prend ce chemin qui longe le bord droit d'un vallon, sans tomber dedans. Il chemine ensuite sur une arête, en direction de la face nord de la Candelle qui n'est haute que d'une quarantaine de mètres. Ce col est un des plus beaux carrefours des calanques. D'un coté il domine les Pierres Tombées et le cap Morgiou. De l'autre, au delà du vallon qui mène au Val Vierge, on voit les crêtes du Devenson et le plateau de Castelvieille sur le fond des falaises de La Ciotat. Depuis le sommet du Puget ça ne prend que vingt minutes.

La calanque de Sugiton

Pour revenir, il suffit de suivre le chemin de grande randonnée (marqué rouge et blanc). Il descend à mi pente vers Sormiou, puis chemine à l'horizontale jusqu'au dessus d'un grand éboulis. Le passage par les cailloux sur sa rive gauche est conseillé. On rejoint d'abord le chemin qui vient du pied de la Cathédrale et peu après le large sentier qui mène au col de Sugiton. Sans s'arrêter il faut moins de deux heures ; mais est-ce possible lorsqu'on découvre les lieux ?

Le tour du Socle ( grande boucle de trois heures)

On commence par aller à la Tour de Pise qui marque le début du Socle ; compter quarante minutes. On longe de hautes falaises de plus de 150 mètres, sillonnées de voies d'escalade parmi les plus classiques - la Civa, le Temple, les Dalles grises, la Grande Tour de la Lèque, l'Igloo, les Hommes Volants. Le chemin descend lentement vers la Lèque et débouche dans un grand vallon, le Val Vierge, quant il atteint la mer. On peut s'y baigner, face à l'Oeil de Verre, une cavité remarquable dans la paroi qui plonge dans l'eau.

Maintenant il faut remonter le Val Vierge sur sa moitié environ. Il est coincé entre la Candelle, large mur haut de 100 mètres placé sur la gauche et la Concave, une grande paroi marron de 200 mètres dont la forme a décidé du nom. Arrivé au niveau du pied de ces deux falaises, alors qu'un sentier horizontal part sur la droite vers les corniches Parretti, on prend sur la gauche le sentier des Corniches du CAF qui se dirige vers la Candelle. Il est marqué noir, sans qu'il faille accorder le moindre sens à cette distinction. Après avoir évité plusieurs ressauts, il permet de monter jusqu'au le pied de la Candelle et de découvrir l'un des temples de l'escalade marseillaise ; il faut prévoir une heure de remontée depuis le bord de mer.

A l'est de la paroi, alors que l'on se trouve sous l'arête de Marseille qui mène au sommet de la Candelle par une voie aérienne, on débouche dans le couloir du Candelon. Il faut descendre une cinquantaine de mètres avant de traverser pour prendre, sur sa droite, un sentier qui passe sous une autre falaise, la Cathédrale. Après, on longe quelques petites parois avant de rejoindre le GR qui vient du col de la Candelle. Il descend jusqu'au large chemin qui retourne au col de Sugiton. De là, l'autoroute pour piéton ramène au parking de Luminy, en une grosse demi heure depuis la traversée du couloir du Candelon.